Cris Derksen 04 credit Tanja Tiziana LR.

Brian Current

Airline Icarus

Airline Icarus

Chamber opera for five soloists, chamber chorus, nine musicians and soundfiles

Music by Brian Current
Libretto by Anton Piatigorsky

Opéra de chambre pour cinq solistes, choeur de chambre, neuf musiciens et trame sonore

Musique par Brian Current
Livret d'Anton Piatigorsky

Airline Icarus is about the intersecting thoughts of passengers aboard a commercial airplane. It explores themes of hubris mixed with technology, the forced intimacy of strangers and flying too close to the sun. Over the course of the work, the plane becomes brighter and eventually vanishes.

In September of 1983, a Korean commercial flight was shot down over the Soviet Union’s eastern coast. They said they thought it was a spy plane. Rather than hit the plane directly, the missile struck its wing, and the plane “fell like a leaf for an excruciating twelve to fifteen minutes”. I couldn’t help but to think about the people aboard for years after. Later when visiting with Anton Piatigorsky, I told him I was looking for ideas about theatrical works and mentioned the Korean airliner. Anton told me that he had just written a poem about the absurd little society we often take for granted aboard commercial flights and the unsettling mixture of hubris and technology: we’ll make small talk and watch movies while inches outside the window is a glorious cloudscape or freezing certain-death.

He later proposed the perfect metaphor for what we were trying to do: Icarus. Icarus, you’ll remember, flew too close to the sun and his wax wings melted and he fell to the earth in a blaze of light. His father, Daedalus, looked for him, crying: “Icarus, where are you!” and “Damn this art!”

To me, one of the most interesting parts of the myth is that Icarus disappears in much of the same way that people involved in airline tragedies disappear, and the way the astronauts of the Space Shuttle Columbia disappeared in a blaze of light over Texas.

Daedalus’s cries of “Damn this art” are heartbreaking, not so much because Icarus has crashed and died, but more that he knows that we are doomed to keep building things—airplanes, computers, operas—in an endless cycle of trial and error that sometimes leads to disastrous consequences.

Like Daedalus, we might curse this sorry state, as does the terrified Scholar, or we can rejoice in the thrill of our power to create wonderful things, as sings the Pilot in his aria—No peace so great. No joy so pure [15]—as soaring Icarus must have thought before the moment he disappeared.

From notes by Brian Current made at Yaddo colony, Saratoga Springs, NY in December 2003.

Airline Icarus met en scène les pensées croisées de passagers à bord d'un avion commercial. L’œuvre explore les thèmes de l'arrogance aux prises avec la technologie, de l'intimité imposée à des étrangers et du danger de voler trop près du soleil. Au fil de l'œuvre, l'avion devient plus lumineux et finit par disparaître.


En septembre 1983, un avion commercial coréen a été abattu au-dessus de la côte est de l'Union soviétique. Ils ont dit qu'ils pensaient que c'était un avion espion. Au lieu de percuter directement l'avion, le missile a atteint son aile, faisant en sorte que l'avion est « tombé comme une feuille pendant douze à quinze interminables minutes ». Pendant les années qui ont suivi, je n'ai pu m'empêcher de penser aux personnes qui étaient à bord. Plus tard, lors d'une visite chez Anton Piatigorsky, je lui confiai que je cherchais des idées pour des œuvres théâtrales et j'ai mentionné l'avion de ligne coréen. Anton me dit qu'il avait peu auparavant écrit un poème sur la micro-société absurde que nous prenons souvent pour acquis à bord des vols commerciaux et sur le mélange troublant d'arrogance et de technologie : nous bavardons et regardons des films alors qu'à quelques centimètres au-delà du hublot se trouve un paysage céleste de formations nuageuses ou une mort certaine par le froid.


Il a ensuite proposé la métaphore parfaite pour ce que nous essayions d’exprimer : Icare. Icare, si vous vous rappelez, a volé trop près du soleil et ses ailes de cire ont fondu, provoquant sa chute sur terre dans une lumière éblouissante. Son père, Dédale, en le cherchant, s’écria : « Icare, où es-tu ? » et « Maudit soit cet art ! ».


À mes yeux, l'un des aspects les plus fascinants du mythe est qu'Icare disparaît sensiblement comme le font les personnes impliquées dans des tragédies aériennes, et comme les astronautes de la navette spatiale Columbia lorsqu’ils ont disparu dans une explosion de lumière au-dessus du Texas.

Les cris de Dédale, « Au diable cet art! », sont déchirants, non pas tant parce qu'Icare s'est écrasé et a perdu la vie, mais plutôt parce que Dédale comprend que nous sommes condamnés à continuer à concevoir des choses - avions, ordinateurs, opéras - dans un interminable cycle d'essais et d'erreurs qui mène parfois à des conséquences désastreuses.


Comme Dédale, nous pouvons maudire ce triste sort, comme le fait le Savant apeuré, ou nous pouvons nous réjouir en exultant notre pouvoir de créer des choses extraordinaires, comme le chante le Pilote dans son aria - No peace so great. No Joy So Pure. [15] – et comme a dû le ressentir Icare pendant son vol avant de disparaître.


D'après les notes de Brian Current prises à la colonie Yaddo, à Saratoga Springs (NY), en décembre 2003.

SPÉCIFICATIONS

Durée :

50'

Mouvements :

10 scenes
3 sections

10 scènes
3 sections

Rôles :

fl, cl, 2 perc. Pno, 5 solo voices (Sop, Mez, Ten, Bar. Bass-Bar), 2 vlns, vla, vlc, electronics

Instrumentation :

fl, cl, 2 perc. Pno, 5 solo voices (Sop, Mez, Ten, Bar. Bass-Bar), 2 vlns, vla, vlc, electronics

fl, cl, 2 perc. Pno, 5 chanteurs solistes (Sop, Mez, Ten, Bar. Bass-Bar), 2 vlns, vla, vlc, electronics

Spécifications techniques :

Langue:

CONTEXTE

Date de composition:

2005

Commissaire:

Commission: Opera Breve Vancouver, Produced by Atelier Voca del Arte, Milan and Soundstreams, Toronto

Commission: Opera Breve Vancouver,
Produit par l'Atelier Voca del Arte, Milan et Soundstreams, Toronto

Représentations:

After the commission by the Opera Breve Vancouver in 2001, further workshops and excerpts were presented by Tapestry New Opera, Soundstreams, New York City Opera Vox Festival, Fort Worth New Frontiers and Opera America. It received a staged première in Verbania, Italy in April 2011 with the composer conducting. In November 2012 it was presented in concert at The Royal Conservatory in collaboration with Maniac Star, the rehearsals of which formed the basis of the recording by Naxos. Maniac Star and Soundstreams created the North American première in June of 2014, directed by Tim Albery.

Prix:

In 2011, Airline Icarus was awarded the Italian Premio Fedora Award by a jury chaired by Louis Andriessen.

En 2011, Airline Icarus a reçu le prix italien Premio Fedora décerné par un jury présidé par Louis Andriessen.

Presse:

Current’s depiction of turbulence is frighteningly realistic until an eerie stillness, beautifully performed by the instrumental ensemble, underscores the Pilot’s aria, providing an impression of suspended time and space. Superbly sung by Dobson, it ironically describes his joy of flying as the plane descends. The disturbing Epilogue closes the opera with a prolonged, final silence. - Dr. Réa Beaumont, The Whole note, 2014

La description des turbulences par Current est d'un réalisme effrayant jusqu'à ce qu'un calme inquiétant, magnifiquement interprété par l'ensemble instrumental, souligne l'air du pilote, donnant une impression que le temps et l'espace sont suspendus. Superbement chantée par Dobson, elle décrit ironiquement sa joie de voler alors que l'avion descend. Le troublant épilogue clôt l'opéra par un silence final et prolongé. - Dr. Réa Beaumont, The Whole note, 2014

À PROPOS DU COMPOSITEUR

Brian Current writes music that is brimming with energy – sometimes with the propulsive rhythms of so-called minimalist music, sometimes with a more delicate sense of flux, but almost always with a sense of motion and playfulness about the treatment of time and texture. These features have won him numerous honours, including a Guggenheim Fellowship, the Barlow Prize for Orchestral Music, and Italy’s Premio Fedora for his new chamber opera Airline Icarus. His concert-length work for Orchestra, Chorus, and Soloists, The River of Light, is premiering with the Vancouver Bach Choir and Orchestra in May of 2019. Future projects include a vertical opera about Glenn Gould on the wall of Toronto's Telus Centre, a commission for Cambridge's Ora Singers and a commission for the Eckhardt-Gramatté competition.

Brian Current a fait ses études musicales à l'Université McGill et à la University of California (Berkeley), où il a obtenu un doctorat en 2002. Sa musique, louangée et interprétée dans le monde entier, est aussi diffusée dans plus de 35 pays et lui a valu de nombreuses récompenses, notamment une bourse de la Guggenheim Fellowship, le Prix Barlow pour la musique orchestrale (États-Unis), le Prix Premio Fedora for Chamber Opera (Italie), le Concours de commandes de composition Azrieli ainsi qu'une œuvre sélectionnée (catégorie moins de 30 ans) par la Tribune internationale des compositeurs, à Paris.

À PROPOS DU LIBRETTISTE

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À propos de l'œuvre